martes, 11 de diciembre de 2012

'Au pays' de Tahar Ben Jelloun


Tahar Ben Jelloun est l'écrivain marocain le plus célèbre aussi bien au Maghreb qu'en Europe. L'originalité de Ben Jelloun tient dans son art de capter tous les aspects de la tradition et de la culture maghrébine en harmonie avec la vie quotidienne et les problèmes (sensibles) de la société. On retrouve alors une écriture différente par ses modalités et ses thèmes, parce qu'elle met en scène des sujets tabous ou des êtres exclus de la parole : ici les immigrés musulmans en France.
Portrait de l’immigré en vieil homme solitaire, Au pays propose un aperçu de la condition des immigrés maghrébins en France. Le portrait de Mohamed est celui d’une génération entière d’immigrés dont le visage triste et « incompris supporte le poids du temps et des désillusions »[1].
Mohamed est un immigré marocain qui habite en région parisienne, dans le 78. Il est père de 5 enfants. Sa vie professionnelle, il l'a passée à l'usine Renault. Mohamed est un travailleur et un père de famille modèle. Installé en France depuis plusieurs années, il est sans cesse révolté par sa condition et voit en l’immigration un ‘’monstre’’ qui l’a éloigné des siens et lui a volé sa jeunesse. Lui est heureux d’être un honnête ouvrier qui ne s’occupe pas de politique, fait son travail consciencieusement et consacre le reste de son temps à sa famille. Il ne comprend pas ces jeunes gens qui, au nom de la religion et du fanatisme, mettent le feu aux voitures ou agresse la plupart des occidentaux, et, bien sur, il ne veut pas que ses enfants leur ressemblent. Pour lui, cette révolte contre la France qui a, des années auparavant, accueilli leurs parents et qui est désormais leur pays, leur terre, est totalement  insensée.
Mohamed aime sa condition de travailleur immigré. D’ailleurs, sa retraite l’envahie d’une insupportable anxiété. Il craint qu’elle ne soit pour lui le début d’une longue chute qui le conduira vers la mort. Au fur et à mesure qu’approche le premier jour de «l’entraite», l’angoisse l’envahie totalement. Tout devient sujet d’interrogation, de remise en question : l’immigration et l’attachement au pays d’enfance, l’islam, qui à cause du fanatisme est de plus en plus confondu avec des appels à la destruction d’autrui, les relations entre parents et enfants dans une Europe hostile, où on ne doit rien à personne, ni même aux anciens.
Pour donner un sens à sa nouvelle vie de retraité, Mohamed a une idée: construire une grande maison "au bled" pour pouvoir y accueillir tous ses enfants qui seront invités à le rejoindre et ainsi, tous ensemble, pourront vivre une vraie vie de famille. Il attendra longtemps ses enfants qui ne le rejoindront pas. Ainsi le retour au pays n’aura été qu’une désillusion.


[1] L’auteur dans une entrevue

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